Brèves d’ailleurs

 29 Octobre 2011

MOLENVLIET : Un village Gaullois participatif au pays des tulipes

Nous sommes plusieurs à avoir réfléchis à un mode constructif et de projection qui laisse une part conséquente de la conception, voir de la réalisation, au futur habitant.

Voici en bref l’histoire de Molenvliet : une expérience de construction de 120 logements réalisés entre 1969 et 1974 menée par le jeune Frans van der Werf à Papendrecht aux Pays-bas.

L’architecte a la main sur la partie collective de l’opération : l’implantation et la distribution sont déterminées.

Dans un premier temps la structure primaire est déterminée, en laissant une partie des façades « vides » et un plan libre, hormis une gaine par trame et les trémies d’escalier. Une fois le gros œuvre réalisé (béton), les futurs habitants choisissent un emplacement et la dimension de leur logement.

Les gaines, placées généralement au centre de la trame, servent au raccordement des eaux vannes, grises, électricité, ventilation. etc. Cette première contrainte oriente l’aménagement ultérieur. Les toilettes devront êtres construits contre la gaine, la Salle de bain et la cuisine à 3 mètres maximum.

Débute alors la période de consultation personnalisée et le choix de l’organisation du logement en fonction du besoin et des envies des futurs LOCATAIRES.

 La participation des habitants dans l’aménagement de leur logement n’est que la dernière étape dans la réalisation d’un projet participatif, celle de « l’incorporation ».

In Papendrecht, the support expresses the collective beauty, the infill and individual beauty. Together, they reflect the vital balance that is essential to community. And at Molenviet that is what we sought to build: a contemporary version of the traditional village, with people living together, keeping up their houses and gardens, and constantly adapting and remodeling them by using all kinds of materials and colors. 

-Frans van der Werf-

2 Mai 2011

L’architecture, en s’hybridant

A qui parle l’architecture? Ou plutôt, à qui est destinée sa représentation graphique, et par extension sa future édification? A en juger les images épurées, quasiment aseptisées, parcourant les murs des agences dans lesquelles j’ai eu l’occasion de travailler, ce destinataire semble être la même personne que l’émetteur de ces travaux, à savoir l’architecte. Car si l’humain est effectivement l’ultime récepteur de cette architecture dans laquelle il vivra, évoluera, se déplacera, il se résume le plus souvent à une échelle de référence. Ce qui conduit finalement à une aberration: l’architecte, dans ses dessins, ne se préoccupe que très peu de l’appropriation par l’homme de ses espaces nouvellement créés.

Mode d’emploi

Non sans s’arrêter sur la représentation de l’humain dans les dessins d’architecture, on peut également s’interroger sur la lecture même de ces projets lorsqu’ils sont encore sur papier. A toi l’architecte, pour qui les termes plan, coupe, élévation, n’ont plus de secrets (quoique), as-tu déjà seulement essayé de présenter ton projet à un non initié? Devant cette impasse, quelques professionnels bien élairés et bientôt relayés par l’ensemble de la profession, ont trouvé dans la «3D» ce qu’ils ont pensé être l’idée du siècle.

Une mezzanine où errent des fantômes

En passant sur l’impact monstrueux que cet outil a eu sur l’utilisation de la maquette en agence d’architecture, autrement cet article n’en finirait jamais, on ne peut que s’interroger sur la réelle utilité d’un tel rendu. L’image ci-dessus nous parle par exemple d’un espace propre et bien rangé, car comme vous le savez, l’humain a cette particuarité exemplaire de ne rien salir. Quoi d’autre? Il y a un double-niveau où errent des fantômes (détail morbide: il s’agit d’une perspective de concours pour la construction d’un hôpital). Quant à la relation entre les différents espaces, par exemple le haut et le bas, ou la façon dont ils seront vécus, cela, nous n’en savont rien.
Lors d’une interview dans le cadre de l’exposition «Archi & BD» à la Cité de l’Architecture et du Patrimoine, Benoît Peeters – écrivain, critique et scénariste – décrivait la bande dessinée comme étant un mode d’emploi astucieux pour l’architecture. En vivant dans ces espaces, les héros de bande dessinée nous donnent à lire l’architecture et nous aident à l’approprier, en la rendant plus humaine.

Une autre relation entre les espaces constituant un double-niveau

 

S’hybrider pour mieux communiquer

One square meter house

Plus loin qu’une idée de référentiel, la notion de pluridisciplinarité de l’architecture est souvent associée au besoin presque instinctif de l’humaniser. En la confondant avec d’autres domaines – artistiques ou non – elle est incitée à s’ouvrir à de nouveaux mondes et à s’ adapter, sans perdre de vue son ultime bénéficiaire. Didier Faustino et son Bureau des Mésarchitectures, bénéficiant de sa double-casquette de plasticien et d’architecte, crééent des oeuvres hybrides entre art et architecture témoignant de l’importance donnée à la «sensation spatiale» du corps humain. Fortement engagés, ses travaux questionnent les rapports entre individu et collectivité, à l’instar de la One square meter house, une habitation pour une personne de 1 m2 au sol et de 17 m de haut située au milieu des tours de Porte d’Ivry, réponse à la pression foncière contemporaine.

Systèmes référentiels

Bien entendu, l’heure n’est pas à la généralisation sur les mode de représentation architecturale. Plus d’un architecte a d’ailleurs tenté d’emprunter à d’autres formes d’expression leur langages graphiques. Reste à savoir à quel point cette représentation va influencer l’agencement même du futur projet. Pour faire de nouveau référence au monde de la bande dessinée, l’architecte Yves Lion développa dans les années 80 le principe de «bande active» pour proposer un nouveau système d’habitation, renversant les conventions dans la conception et la construction du logements. Sensible aux questions émergentes de l’époque, telles la quête d’individualité ou le culte du corps, cette bande active va, en positionnant les pièces humides en façade, exposer ces pratiques à la lumière. Afin de représenter ce système particulier, il emprunte à la bande dessinée sa spécificité d’exprimer un mouvement, une cinétique, finalement propre à l’habitation.

Projet de tour à Berlin

Sans se limiter aux utopies, je pense qu’il est de notre devoir de promouvoir la capacité de l’architecture à s’hybrider à d’autres discipline, et ainsi l’inciter à se renouveller. Car au-delà de sa pure représentation, c’est nos futurs espaces de vie qui sont en jeu.

 


30 Mars 2011

L’espace Pantin comme lieu de revendication créative

 

Artistes de l’ombre

Salarié à mi-temps, chômeur auto-entrepreneur, insomniaque acharné,… quel est le profil-type de l’artiste contemporain ? A quel moment peut-on d’ailleurs prétendre en être un ? Ce terme est-il réservé à une élite qui, grâce à un talent inégalable ou bien, le plus souvent, à l’héritage d’un efficace carnet d’adresses, se retrouve sur le devant de la très sélective scène culturelle ?
Je serai plutôt tentée de l’appliquer ici à toute personne pour qui l’acte de donner vie à la matière est indispensable à son bonheur. Parce que sans cela, le quotidien de ces photographes, peintres, sculpteurs, stylistes, graphistes, musiciens, acteurs et autres poètes est insupportable. La tension constante vers un idéal de perfection les conduit souvent au besoin d’affronter le regard du public, en un mot, de s’exposer. Or, la scène artistique française, se vantant pourtant de son accessibilité grandissante, trie les prétendants sur le volet. Salons, festivals et autres manifestations culturelles lancent des appels à projets, des concours ; si tout n’est certes pas bon à prendre, les heureux élus sont souvent sélectionnés de manière douteuse : favoritisme et langue de bois sont de mise lorsqu’il s’agit de « donner une chance ». Car il s’agit bien de chance. L’investissement hasardeux dans les disciplines artistiques relève, en effet, d’une audace au profit bien incertain. Les laissés-pour-compte constituent dès lors une nouvelle classe d’individus, celle des artistes de l’ombre, à la passion inébranlable, contraints de composer entre le besoin d’assurer le quotidien et celui non moins vital de créer. Dans un agenda où tout interstice doit être rentabilisé, ils s’acharnent à cultiver leur art.

Interstices urbains

Pour affirmer leur existence sociale, les artistes de l’ombre sont donc dans la nécessité de ruser pour s’exposer. Sortir de ce cercle vicieux exige de leur proposer des espaces urbains à leur image, qui observent le même mode de fonctionnement. A cet artiste devant trouver de la disponibilité pour œuvrer, mettons à disposition la réserve de disponibilité d’espaces de la ville, par excellence l’interstice urbain, métonymie de tout ce qui est encore non investi dans une métropole.

« Du fait de leur statut provisoire et incertain, les interstices laissent deviner ou entrevoir un autre processus de fabrication de la ville, ouvert et collaboratif, réactif et transversal. Ils nous rappellent que la société ne coïncide jamais parfaitement avec elle-même et que son développement laisse en arrière-plan nombre d’hypothèses non encore investies. (…) L’interstice se constitue donc à un niveau politique ; il tente de faire rupture avec l’ordonnancement classique de la ville. »

Pascal Nicolas Le Strat, Expérimentations politiques, chapitre « Multiplicité interstitielle »
Faille indéfinie entre rails et canal, l’espace Pantin récemment investi par le collectif est une parfaite illustration de ces lieux indéterminés. Fort de son statut vague et provisoire, il s’empreint de flexibilité et laisse entrevoir un champ de possibilités culturelles à même de répondre à notre requête. Il stimule l’intervention temporaire et réversible à travers une programmation basée sur le principe du Salon des Refusés : le site sans statut accueille l’artiste sans reconnaissance.

« Parasitectures »

Marquant le début de la libération de la peinture en 1863, le Salon des Refusés témoigne paradoxalement de l’importance d’un art nouveau, évoluant en dehors des limites fixées par l’académisme. Ainsi coupée du grand public, la peinture moderne évolue dans un premier temps marginalement, soutenue par une foi commune d’artistes audacieux. En étendant le concept à d’autres disciplines que la peinture, l’espace Pantin pourrait ainsi s’apparenter à un laboratoire créatif ouvert à de nouvelles formes d’interactions entre art et ville. Espace flexible, il pourrait accueillir des expositions modulables sur des thèmes issus des appels à projets de manifestations culturelles (salons, festivals, etc.). Aujourd’hui lieu de stockage de matériaux récupérés par le collectif sur divers chantiers, le site Pantin deviendrait ainsi le théâtre d’ « expositions parasites » ancrées dans une logique de développement durable de la ville. En recyclant les différentes strates de rejets de notre société – espaces, matériaux, artistes – une micro-dynamique urbaine aux allures de « parasitectures », en insurrection contre l’élitisme de notre modèle national, émergerait en nébuleuse créative.

27 Mars 2011

Même combat??? Récup’ici et ailleurs : entre démarche alternative et survie quotidienne…


 

Un groupe de tziganes, Calea Grivitei, à Bucarest récupère ce qu’il reste d’un quartier historique après le passage brutal des bulldozers et le charge dans une camionnette.

Sans le savoir peut-être, ils permettront à ces vieilles pierres malchanceuses de commencer une autre vie, ailleurs dans la ville.

08 Février 2011

99 actions pour se réapproprier la ville 

Un article pour découvrir les différents modes de « réappropriation »: ici

Le blog de « ACTIONS » et le site officiel de « ACTIONS » qui est demandeur de nouvelles idées…

Et un exemple d’utilisation des palettes, idéales pour faire des mélanges. L’action n°27 (à Paris 2007)

 

A nous d’inventer les prochaines ! Voici quelques pistes :

Situationnistes :« Les influences situationnistes »

Guerilla gardening : sur wikipédia

Terrorisme vert : htttp://www.nouvo.ch/

 

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