une maison, un village autonome à Buenos Aires avec Ahora es cuando

L’antenne argentine de S+A  s’est rendue sur un chantier participatif de construction naturelle, situé dans le sud de la grande banlieue de Buenos Aires, à San Vicente dans un secteur appelé La Comuna. Nous sommes accueillis par Alejo, de l’association « Ahora es Cuando » (maintenant c’est quand), qui nous explique, autour d’un bon maté, la naissance de leur projet.

Le projet, c’est d’abord un déclic lors d’un voyage dans le Chiapas au Mexique et la rencontre d’un lieu, le CIDECI- Universidad de las tierras. Il s’agit d’un centre de formation indigène à San Cristobal de Las Casas, qui enseigne entre autres, les méthodes traditionnelles de construction, elles-mêmes directement appliquées dans la construction du lieu. De retour en Argentine, l’expérience mexicaine en tête, Alejo se perfectionne donc aux techniques de construction, d’autogestion et d’organisation à travers de la pratique et de la lecture pendant un an. Il forme alors avec une dizaine de personnes  Ahora es Cuando.

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La première année a permis à tous les participants de mieux se connaître et de formaliser les 3 axes de la proposition naissante : Education, Production et Consensus. Ahora es Cuando, fonctionne sous la forme d’assemblées où sont prises les décisions et discuter les actions, comme par exemple les ateliers participatifs permettant le partage des techniques avec des personnes extérieures mais aussi les gens des alentours. Il s’agit également de créer un lieu autonome pouvant subvenir aux besoins des futurs occupants permanents du site, comme Alejo. Ce temps aura aussi permis de  prendre en compte un nouveau territoire, de nouvelles problématiques et une histoire différente. Après plusieurs tentatives, le projet trouvera finalement son ancrage à San Vicente, au sud de la capitale Argentine, sur un terrain cédé par la Coopérative de Travailleurs Ruraux (CTR), intégrante d’une organisation politique et sociale ( Frente Popular Darío Santillan) issue de la crise argentine de 2001, et visiblement séduite par la proposition.

La CTR leur fournit un terrain de deux hectares en plein milieu d’un champ. Il n’en fallait pas plus pour que cette communauté se mette au travail. Ils construisent le premier pavillon en 6 mois, créent un système de canaux d’irrigation pour leur jardin et leur potager, à partir d’une source souterraine remontée à l’aide d’une pompe.

Le terrain étant plutôt marécageux, ils isolent le pavillon en forme d’hexagone sur un soubassement de pneus récupérés et rajoutent un film plastique pour éviter toute remontée d’humidité dans les murs de terre crue. Le sol, appelé contrapiso, une sorte de ciment grossier, est coulé ensuite. Une fois cette base saine mise en place, la structure peut être montée. Elle est composée de poteaux porteurs en bois, d’une charpente bois, et d’une structure secondaire en bambou. Avant le remplissage, ils positionnent de larges fenêtres panoramiques qui cadrent le paysage, posant cependant la question des ponts thermiques. L’ultime étape est de projeter le mélange de terre et de paille sur le bambou. Il sert à la fois de remplissage et d’isolation. L’amplitude des températures dans la région est très marquée,allant d’un hiver atteignant parfois un peu moins de 0°C et un été à plus de 40°C. Pour finir l’isolation de ce pavillon, le toit est recouvert d’une couche de terre pour recevoir de la végétation.

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Le premier pavillon construit, aujourd’hui lieu à tout faire, commence à être trop petit, pour les personnes qui travaillent, habitent le lieu.  L’objet de cette journée de chantier participatif est donc de repérer l’emplacement de la future maison et de commencer la base d’un petit pavillon qui servira de toilettes et lieu de stockage. Après une discussion sur le plan final afin de choisir la meilleure orientation possible du bâtiment permettant ainsi d’allier performance thermique et questions de sécurité, le désherbage et le traçage, au piquet et à la corde, peut commencer pour la maison. Pendant ce temps là, une autre équipe creuse une tranchée de la taille des pneus pour créer ce fameux soubassement.

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Une fois ces travaux terminés, le premier pavillon construit deviendra alors le lieu partagé des réunions, des ateliers participatifs, ainsi qu’une cuisine collective.

(Voir pour en savoir plus le reportage du collectif espagnol Fotogracción)

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